27 octobre 2007

K - La cendre

Certains meurent avant même

D’avoir passé la porte

Du couloir qui comporte

Cette pression étrange
Certains meurent avant même

De savoir juste un peu

La saveur de ce jeu de n’être plus un ange
Certains meurent dans des ventres

Certains meurent juste après

Encore mouillés de ça

Quand on les pose là

Au froid de la ruelle
Certains meurent juste après

Sur le corps essoufflé

Dans les bras déchirés

De leur maman si belle
certains meurent dès qu’ils entrent

Certains meurent tout gamins

D’être des riens du tout

Des gens nés sans le sou

Sur qui on tire à vue
Certains meurent tout gamins

Fauchés par le brouillard

D’un chauffard d’un soûlard

Qui passait dans la rue
Certains meurent encore tendres

Certains meurent en plein feu

De leur jeunesse ouverte

Un képi sur la tête

Pour un vieux président
Certains meurent en plein feu

De leur adolescence

Pris d’un coup de démence

Ils se pendent au plafond
Certains crèvent d’apprendre

Certains meurent pour que dalle

D’une piqûre de bête

D’une pierre sur la tête

Le hasard les reprend
Certains meurent pour que dalle

D’être allé s’éclater

Aux vitres des cités

En gueulant « dieu est grand !»
Certains meurent sans comprendre

Certains meurent et reviennent

Tout éblouis de là

D’avoir goûté la joie

Mais de l’autre côté
Certains meurent et reviennent

En riant aux éclats

À cette peur qu’on a

De voir tout s’effacer
Certains meurent sans qu’ils tremblent

Certains meurent de tristesse

Tout imbibés d’alcool

Suivant le protocole

Qu’on leur a inventé
Certains meurent de tristesse

Sans se donner le temps

D’arrêter un instant

Leur vie conditionnée
Certains se croient de cendres

Et les larmes me viennent

Quand je te perds encore

Moi qui serrait ton corps

Que je croyais tenir
Oh les larmes me viennent

Mais je laisse le marbre

Et je cours dans les arbres

Et je te crois venir
Souriante, descendre

Vu qu’on meurt tous les jours

Qu’on meurt à chaque instant

Quand on crache le vent

Qu’on a dans nos poitrines
Vu qu’on meurt tous les jours

Qu’on meurt et qu’on revit

Autant laisser la vie être

Autant qu’on s’incline
Je veux t’aimer la cendre

Certains meurent et reviennent

Tout éblouis de là

D’avoir goûté la joie

Mais de l’autre côté
certains meurent et reviennent

En riant aux éclats

À cette peur qu’on a

De voir tout s’effacer
Certains meurent sans qu’ils tremblent

Et je t’aime la cendre

Posté par nenuphar14 à 18:07 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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